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HISTORIQUE DE L’INSTITUT COLBERT
Nous verrons successivement l’Institut COLBERT de la « belle époque » de 1881à 1914, dénommée ainsi en raison d’un dynamisme sans pareil malgré la première guerre mondiale et l’occupation allemande qui ont laissé le souvenir d’années particulièrement sombres ; L’Institut dans la grande tourmente de 1914 à 1918 ; l’époque 1919-1945, période marquée par un remarquable essor de l’établissement…Colbert depuis 1945 et toutes ses évolutions notamment pédagogiques avec l’apparition de réformes dans les années 60 qui transformeront les objectifs de l’enseignement technique ;enfin le Colbert des années 2000 qui demeure encore et toujours un établissement bien vivant et réputé.
L’INSTITUT COLBERT A LA « BELLE EPOQUE »Contexte historique : Nous sommes en 1881. La ville de TOURCOING ne manque pas d’écoles mais elles sont toutes entre les mains des congrégations. Aussi, lorsque le Conseil Municipal au lendemain des élections du 10 avril 1881 est unanimement républicain, les élus ont hâte de réaliser leur programme scolaire. Depuis longtemps ils demandent que l’école soit gratuite et obligatoire et ce avant la mise en application des grandes lois de Jules FERRY.
1.1Création de l’Ecole de la rue de GAND et naissance de l’école primaire supérieure:
L’Institut COLBERT date du 4 octobre 1881. A l’origine c’est une modeste école laïque de garçons à 3 classes et avec un nombre infime d’élèves. Elle se situe au 10 de la rue de Gand et son directeur est Monsieur DELOMON. Elle s’appelle « école de la rue de GAND ». L’année suivante un Cours Elémentaire y est adjoint.
Six années plus tard sont construits des ateliers de menuiserie, d’ajustage et de modelage : l’école primaire supérieure est créée ; elle compte alors 44 élèves.
C’est cette année 1887 que se constitue l’Amicale des élèves.
1.2 La dénomination « Institut COLBERT » :
C’est en novembre 1889 que l’école primaire supérieure prend le nom d’INSTITUT COLBERT et ce sur décision du Conseil Municipal de TOURCOING. L’Institut compte alors 81 élèves.
Pourquoi le nom de COLBERT? C’est la Commission de l’Instruction Publique qui l’a choisi en référence à cet homme illustre qui n’a agi que pour le bien du travailleur et fut en quelque sorte le créateur de l’industrie de notre pays.
Tout s’enchaine alors rapidement : en 1899, construction d’un amphithéâtre et d’une salle de gymnastique ; deux années plus tard celle de nouvelles classes et enfin celle du bâtiment central.
En 1900 l’Institut COLBERT compte déjà 8 classes et 360 élèves.
En 1906 l’Ecole Pratique de Commerce et de l’Industrie est annexée à l’école primaire supérieure et l’école primaire élémentaire. Avec la construction d’ateliers de mécanique, de forge et de menuiserie, les classes primaires (sauf le cours supérieur) sont transférées dans une nouvelle école laïque, COLBERT devient un établissement technique où on cherche à obtenir compétence technique et habileté manuelle.
A l’aube de la guerre, l’Institut COLBERT , et c’est là sa grande originalité, réunit en un même local, sous une même direction générale, plusieurs écoles distinctes : le cours préparatoire, véritable cours de pré-apprentissage servant de base aux deux écoles suivantes, l’Ecole Primaire Supérieure(EPS) préparant au certificat d’études primaires, au brevet élémentaire, au brevet supérieur, à l’école normale et l’école pratique de commerce où les horaires atteignent souvent 48 heures par semaine.
Les études sont difficiles, tous les élèves n’obtiennent pas le diplôme de fin d’études. Cependant entrer à l’INSTITUT COLBERT est une sorte de privilège. COLBERT acquiert rapidement une excellente réputation.
2. L’INSTITUT COLBERT PENDANT « LA GRANDE GUERRE » : La grande tourmente
Les vacances commencent le 1er août 1914; le même jour apparaissent les affiches annonçant la mobilisation générale…Vingt professeurs sur trente sont appelés sous les drapeaux.
L’occupation de TOURCOING par les Allemands bloque l’essor de l’Institut qui est envahi malgré les efforts des professeurs restés sur place essayant de préserver l’établissement contre les incursions de l’ennemi. La bibliothèque est saccagée, le mobilier détruit. La fréquentation scolaire est gravement perturbée mais paradoxalement, les effectifs s’accroissent(les élèves ont à l’époque entre douze et seize ans).
Après une période d’accalmie, une seconde crise éclate en 1916. Les Allemands cherchent des ouvriers pour construire des voies ferrées ou réparer le matériel de guerre….Près de 200 Colbertistes sont touchés par cette mesure. L’Institut COLBERT doit même fermer en 1917 suite au grand froid et à l’arrêt des arrivées de charbon.
L’armistice de 1918 met fin au cauchemar mais l’absentéisme reste très élevé malgré les rappels incessants de la Direction.
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